Les liens entre l’agriculture (systèmes cultivés et bétail) et la biodiversité sont très solides et méritent d’être soulignés, surtout face aux pressions croissantes qui s’exercent sur les ressources naturelles, pressions qui s’expliquent en partie par la croissance démographique mondiale et par une plus forte consommation par habitant…
Les agriculteurs doivent répondre aux exigences de la sécurité alimentaire tout en menant des activités non alimentaires. Pour les inciter à s’acquitter de cette tâche importante, il faut assurer une planification minutieuse et des ressources suffisantes.
Les agriculteurs sont conscients de la nécessité de préserver la biodiversité et du rôle qu’ils doivent y jouer. Le déploiement d’efforts soutenus pour tirer parti de cette attitude ne pourra qu’aider les agriculteurs à mieux comprendre comment leurs activités sont liées à la biodiversité. Ainsi, ils favoriseront des pratiques favorables à la durabilité tout en réduisant l’effet de celles qui menacent la biodiversité. Par ailleurs, il est crucial d’assurer la viabilité économique de leur activité agricole parallèlement à la promotion et à la conservation de la biodiversité. Cet exercice permettra de mieux comprendre et définir le rôle des agriculteurs et, partant, de changer la perception des droits et responsabilités des agriculteurs à cet égard, ce qui aura pour effet de réduire les pressions que subissent les ressources naturelles.
Pour les agriculteurs des pays développés et des pays en développement, le gros enjeu consiste à faire reconnaître le rôle multiple que l’agriculture est censée jouer et à repérer les mécanismes qui permettront de jouer ce rôle, en aidant et en incitant par exemple les agriculteurs à améliorer leurs pratiques actuelles. Il importe que les agriculteurs reconnaissent la relation naturelle entre la biodiversité et l’agriculture. L’agriculture et la biodiversité ne devraient pas être séparées mais plutôt considérées comme complémentaires et être intégrées dans le même écosystème. Pour ce faire, il faut aborder la question de manière proactive et globale. Si l’on veut véritablement changer la mentalité de chaque agriculteur de manière durable, il importe d’aborder l’élaboration et la mise en œuvre des politiques dans une perspective positive et constructive. En fait, le recours à la carotte au lieu du bâton s’avère une méthode efficace, surtout dans les pays où les marchés ne récompensent pas les agriculteurs pour leur production, vivrière ou autre.
Dans les régions agricoles où la biodiversité et les écoservices sont particulièrement précieux, comment réhabiliter et préserver les écosystèmes? Quel genre de mécanismes faudrait-il instaurer pour créer des marchés de services environnementaux qui seraient bénéfiques à tous les agriculteurs? Ces mécanismes existent déjà dans la plupart des pays développés. Toutefois, dans les pays en développement, il faut mettre en place les bons mécanismes qui soient adaptés aux particularités de chaque région. Comment instaurer de tels systèmes pour récompenser les agriculteurs des pays en développement, là où les marchés ne les récompensent pas pour leur production alimentaire?
Cette intégration incombe aux agriculteurs et à leurs organisations, mais cette responsabilité collective doit être partagée avec le reste de la société. En fait, toutes les autres parties prenantes doivent y participer, en particulier les gouvernements pour ce qui concerne les politiques.
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