Synthèse des Activités et travaux du Comité Méditerranéen depuis sa création
7ème Session du Comité Méditerranéen de la FIPA. Alger, Algérie, 4 février 2003
Présenté par Nora Ourabah, Responsable du Comité Méditerranéen
La décision de constituer un comité méditerranéen a été prise lors du Congrès Mondial de la FIPA à Trondheim, Norvège, Mai 1990. Cette décision avait été formalisée lors d'une réunion de son Comité exécutif organisée avec le concours du CIHEAM (Centre International des Hautes Etudes Agronomiques Méditerranéennes) les 20-21 février 1990. La rencontre de Rome, Italie en 1992 a permis dxofficialiser la constitution du Comité.
La FIPA a toujours plaidé pour la paix et la stabilité dans la région méditerranéenne ainsi que pour le renforcement de l'intégration régionale entre les pays de l'Europe du Sud, de l'Afrique du Nord et du Moyen Orient.
Le Comité Méditerranéen de la FIPA a été crée dans le but de remplir ces objectifs. Il est actuellement en phase de renforcement de ses activités par:
- Le suivi du partenariat euro-méditerranéen (Le Processus de Barcelone).
- Le renforcement de la présence de la FIPA dans la région.
Réunions du Comité méditerranéen et principaux thèmes abordés
- Réunion constitutive du Comité Méditerranéen, Rome, Italie, 7 janvier 1992
- 1ère rencontre : Le Caire, avril 1993,
- Élaboration du programme général
- Session 1: Antalya, Turquie, 7-8 septembre 1993
Thèmes abordés :
- Agriculture durable et gestion de lxeau
- Stratégies de renforcement de la sécurité alimentaire et du commerce agricole pour le développement économique
-Développement des ressources humaines
- Session 2: Jérusalem, Israël, 11 décembre 1994
Thème général : Situation de lxagriculture dans la région méditerranéenne
Thème spécifique : lxEau au ¨Proche Orient : de la confrontation à la coopération
- Session 3: Lisbonne, Portugal, 3 novembre 1995
Thèmes abordés :
- Situation agricole dans le bassin méditerranéen : Comptes-rendus des organisations membres
- Préparatifs du Comité Méditerranéen de la FIPA en vue de la conférence interministérielle Europe-Méditerranée , Barcelone, Espagne 27-28 novembre 1995
-Etablissement d'un plan de travail du comité méditerranéen
- Session 4 : Rabat, Maroc 9-10 mars 1997
Thèmes abordés:
- Agriculture marocaine
- La Situation de lxagriculture en méditerranée
- La coopération euro-méditerranéenne (commerce agricole, développement et coopération)
- Rio +5 environnement et développement (contribution des agriculteurs méditerranéens aux sessions de Rio +5)
- Session 5 : Nicosie, Chypre, 26-27 octobre 1998
Cette session a rassemblé les organisations agricoles chypriotes grecques et turques.
Thème principal: lxeau
Autres thèmes abordés :
- La situation de lxagriculture chypriote et les problèmes hydriques
- La situation agricole en Méditerranée
- La coopération entre les agriculteurs méditerranéens
- Session 6 : Séville, Espagne 16-17 novembre 2000
Cet évènement a permis la relance des activités de la FIPA en méditerranée ainsi que la coopération entre les différents acteurs de la région.
Thème principal : le régime des échanges de produits agro-alimentaires dans la zone méditerranéenne et notamment le règlement actuel qui régit les accords bilatéraux entre les pays tiers et l'Union européenne.
Les priorités du Comité Méditerranéen
1. Une approche intégrée de lxagriculture méditerranéenne pour un développement durable et lxétablissement dxune politique cohérente.
Lors de la première réunion du comité du Caire en 1993, les membres sont partis de plusieurs constats :
- Le manque de considération au niveau des politiques de développement internationales au regard des besoins de la région méditerranéenne dans son ensemble et voire même des besoins spécifiques de chacun des pays qui la constituent.
- Des conflits dxintérêt existent entre les différents pays du bassin, souvent dus à des disparités en matière de niveau de développement économique, à divers facteurs environnementaux et à des demandes en eau conflictuelles.
- Les taux de croissance agricoles étant peu élevés par rapport aux autres secteurs de lxéconomie, ceci conduit à des mouvements dxexode rural massifs et par conséquent à une marginalisation des populations rurales et agricoles. De plus, les politiques nationales encourageant lxindustrialisation au détriment du développement agricole engendre une dépendance alimentaire aggravée par la croissance démographique ainsi quxà une insécurité alimentaire.
Par conséquent, il a été décidé que lxobjectif du comité méditerranéen en la matière serait de travailler sur le développement agricole de la région afin dxatténuer les disparités notamment entre le nord et le sud du bassin et ce, en valorisant les complémentarités des productions. Afin de réduire la concurrence conflictuelle, le Comité a jugé urgent de résoudre trois problèmes prioritaires, étroitement liés les uns les autres :
-1- La diversification productive : En effet, dans le Bassin Méditerranéen, on produit aujourd'hui, les mêmes denrées: légumes, fruits, huile, vin. Ces produits arrivent à maturité quasiment aux mêmes périodes et se destinent presque tous aux mêmes marchés. Par conséquent, la concurrence devient rude car les coûts de production varient considérablement dxun pays à lxautre selon son niveau de développement socio-économique.
-2- L'amélioration de la qualité, à deux niveaux: la santé et la typicité liée au territoire. Le second aspect, strictement lié au premier, est celui de la qualité. La qualité est caractérisée par différents éléments, les plus importants étant la santé et la typicité liée au territoire.
En effet, la typicité est essentielle car un produit réalisé dans une certaine région peut présenter des caractéristiques différentes de celles que présente le même produit sxil est réalisé dans une autre région, soit parce que les conditions climatiques sont différentes, soit parce que les processus productifs sont différents selon la tradition et la culture régionales.
-3- La disponibilité de l'eau : Enfin, le troisième point concerne la disponibilité en eau. On ne peut pas poursuivre sérieusement les engagements pour la diversification productive et l'amélioration de la qualité et de la typicité, sans assurer aux agriculteurs la possibilité d'avoir à leur disposition de lxeau en quantité suffisante et à des périodes prévues pour les différentes activités productives. Il faut considérer l'eau, pour le présent et pour lxavenir, comme le principal problème à résoudre pour favoriser la diversification et l'amélioration de la qualité et de la typicité.
Intégration de problématiques de l'agriculture méditerranéennes au niveau des institutions européennes et internationales
Depuis sa création, le Comité Méditerranée a toujours xuvré pour le développement de lxagriculture méditerranéenne et sa spécificité et ce, afin de redonner à la profession agricole la place de choix qui lui revient dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen et notamment dans la perspective de création de la zone de libre échange dxici 2010. Cette zone de libre échange serait la plus importante au monde puisquxelle comprendra une quarantaine de pays et une population de 600 à 800 millions dxhabitants.
La conférence inter-ministérielle de Barcelone, novembre 1995
Le secrétariat de la FIPA a produit une « Déclaration des agriculteurs et des organisations agricoles du bassin méditerranéen » , présentée lors de la conférence inter-ministérielle de Barcelone en novembre 1995 qui a lancé les bases dxun partenariat euro-méditerranéen. Cette déclaration était articulée autour des quatre grandes thématiques suivantes :
- La reconnaissance du secteur agricole
- La reconnaissance de lximportance de la conférence comme moyen dxamorcer un dialogue entre les représentants du bassin, encourageant ainsi la coopération et la promotion du développement.
- Le rôle central du secteur agricole pour la paix et la stabilité dans la région
- Le besoin dxune coopération agricole et de lxétablissement dxun mécanisme de dialogue permanent pour assurer le suivi de la conférence de Barcelone. Celui-ci devra se réaliser avec le concours des institutions gouvernementales, techniques, de la recherche, de la vulgarisation ainsi que les organisations professionnelles agricoles du Comité méditerranéen de la FIPA.
- Importance du renforcement des organisations agricoles y compris les perspectives de développement politique des agriculteurs
- Valorisation de la culture, des traditions et valeurs qui sont celles des agriculteurs et des communautés rurales.
- Le rééquilibrage des niveaux de développement des deux rives de la Méditerranée
-Besoin de programmes de développement conjoints afin de pallier les disparités inter-régionales
-Rééquilibrer les besoins internes et externes afin dxassurer lxautosuffisance alimentaire et ce, à travers une plus grande coordination des échanges agricoles. Ce processus devrait impliquer les instances gouvernementales, les organisations agricoles ainsi que les instituts de recherche.
- Besoin de promouvoir de politiques pour la promotion de la qualité, la diversification et la spécialisation des productions et ce, afin de réduire la concurrence inter-régionale
- L'environnement et la gestion des ressources naturelles
- La gestion des ressources hydriques
- Besoin dxune autorité unique dans chaque pays qui accepterait les propositions des agriculteurs, évaluerait les besoins de lxagriculture en matière dxeau et enfin qui serait chargée de préserver et gérer cette denrée rare.
- Renforcement des relations
- Renforcer les liens avec les organismes de recherche et initier des collaborations avec dxautres organismes dxintérêt pour la communauté agricole
- Initiatives de recherche en « conformité avec les exigences de lxindustrie agricole en matière de production et de qualité » , dans le but de protéger les revenus des agriculteurs.
- Besoin de formation, assistance technique et programmes agricoles de vulgarisation agricoles au profit des agriculteurs du bassin méditerranéen
- Besoin dxéchange entre les organisations professionnelles agricoles en matière dxinformation et de formation.
- Programmes inter-régionaux dxéchanges entre agriculteurs
Conférence euro-méditerranéenne sur l'agriculture : Strasbourg, France, 14-15 juin 2001
Etant donné la complexité de la situation agricole en Méditerranée, la mise en place dxune conférence Euro-Méditerranéenne sur lxagriculture méditerranéenne est primordiale afin dxattirer l'attention sur les problèmes des agriculteurs en méditerranée, de faciliter les échanges dxinformation et de permettre la communication entre les différentes régions du bassin. Les efforts déployés pendant de nombreuses années, par le M. Avolio, ancien président de ce comité et initiateur de ce projet, ont porté leurs fruits. En effet, pour la première fois dans lxhistoire du Comité Méditerranéen de la FIPA, sxest tenue une Conférence Euro-Méditerranéenne sur l'Agriculture en partenariat avec le Parlement Européen et l'Assemblée Parlementaire du Conseil de lxEurope, les 14-15 juin 2001 à Strasbourg, dans les locaux respectifs de ces deux institutions. Cette activité a rassemblé 160 participants dont 44 agriculteurs de la FIPA.
Cet événement a révolutionné les coutumes des instances européennes puisqu'elle a réuni, dans la même salle, des parlementaires et des agriculteurs. Aussi, l'objectif principal de cette activité, était de reconnaître la spécificité de l'agriculture méditerranéenne, en l'élevant au rang des secteurs prioritaires dans la politique européenne. La conférence a poussé les parlementaires aussi bien que les organisations agricoles, à réfléchir à une nouvelle stratégie de développement dans laquelle l'agriculture en Méditerranée aurait une place centrale dans les décisions.
Ce dialogue puise sa nécessité dans un contexte où des questions telles que la multifonctionnalité de l'agriculture, la restructuration de la Politique Agricole Commune, l'élargissement de l'Union européenne et l'accord de partenariat euro-méditerranéen sont à l'ordre du jour. La place des pays du sud du bassin méditerranéen doit être clairement définie et prise en compte surtout à un moment où l'Union européenne prépare son élargissement vers l'Est.
Le Comité Méditerranéen de la FIPA a renouvelé Sa proposition de créer un comité consultatif permanent composé du Comité Méditerranéen de la FIPA, de lxAssemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe et du Parlement Européen, qui se réunirait sur une base régulière à déterminer. Ce mécanisme de dialogue permanent servirait de base de dialogue pour le suivi du processus de Barcelone.
Présentation des différentes agricultures
Lors des différentes sessions du Comité, des présentations sur la situation agricole d'un certain nombre de pays ont été effectuées.
2. La protection des ressources naturelles dont les ressources hydriques qui constituent un problème de taille pour l'agriculture méditerranéenne
Lors de la session du Caire, les délégués ont reconnu la nécessité dxune approche inter-disciplinaire et intégrée en matière de gestion des ressources en eau. Cette approche permet ainsi de prendre en compte l'interaction complexe de facteurs socio-économiques.
Outre la pression démographique qui ne fait qu'exacerber le déséquilibre des forces de lxoffre et de la demande en eau, le manque d'organisation et d'évaluation des besoins de chaque groupe, en l'occurrence celui des agriculteurs y contribue également.
Deux approches principales sont possibles pour la résolution de ce problème soit par l'augmentation de l'offre en eau en faisant appel à des techniques telles que la désalinisation, soit par une bonne gestion de la demande. Même si la première approche est envisageable, la deuxième approche a été retenue par les membres du comité comme étant la voie à privilégier.
La gestion par la demande serait menée en développant la recherche, la formation, les services de vulgarisation ainsi que la création d'associations d'utilisateurs de lxeau dont lxobjectif serait d'évaluer les besoins en eau de chaque groupe d'utilisateurs.
Les préoccupations du Comité méditerranéen au Sommet Mondial sur le Développement Durable et autres conférences internationales
La question hydrique, qui a toujours fait partie des thèmes prioritaires du Comité Méditerranéen a été identifiée par le Comité Exécutif de la FIPA comme étant un thème crucial en agriculture qu'il est urgent de traiter. Pour cela, la FIPA a décidé de participer à plusieurs événements internationaux dont la conférence internationale sur l'eau qui sxest tenue à Bonn en novembre 2001 en vue de préparer le Sommet Mondial sur le Développement Durable (26 Août-4 septembre 2002).
Les idées développées lors du Comité Méditerranéen sur la question de l'eau ont été largement exprimées et reprises par les différentes délégations de la FIPA au cours de ces événements d'envergure internationale. Aussi, les conclusions de la conférence internationale reprennent un certain nombre des éléments développés par les agriculteurs de la FIPA de façon générale et au sein du Comité Méditerranéen en particulier.
Création, dans chaque pays, d'une « autorité unique des eaux » de façon à favoriser la constitution d'une « autorité unique » à un niveau international.
Cette autorité fixerait les règles - valides pour tous et donc, définies comme « principes » à lxONU - relatives à la recherche, la distribution et le coût de l'eau, en définissant aussi les priorités. Depuis de nombreuses années, dans les sessions du Caire, Antalaya, Malte, Chypre et, en dernier lieu, à Séville et Strasbourg, le Comité Méditerranéen de la FIPA et le Conseil d'Europe ont formulé des propositions précises sur ce point.
3. Le développement et le renforcement des liens entre la recherche et les agriculteurs
Lors de ses différentes sessions, les membres du Comité Méditerranéen se sont accordés sur le fait que le développement de la recherche ne doit pas se faire sans la prise en compte des besoins des agriculteurs. Par conséquent, le Comité encourage le renforcement des liens entre le milieu de la recherche et la communauté agricole. Agriculteurs et chercheurs doivent travailler conjointement afin de trouver des solutions sur des sujets aussi importants que la concurrence sur les marchés agricoles, les mouvements de capitaux et problèmes de migrations des populations, déséquilibres des politiques agricoles, et la gestion des ressources naturelles.
La prise en compte de la voix des communautés rurales qui connaissent mieux que quiconque, leurs préoccupations et besoins, doivent être reflétés dans la formulation de programmes de développement (formation, gestion des ressources). Les communautés rurales ne doivent en aucun cas, être marginalisées.
Le Comité Méditerranéen de la FIPA, collabore depuis sa création avec le CIHEAM (Centre International des Hautes Etudes Agronomiques Méditerranéennes) qui a participé à chacune de ses rencontres. Cet organisme spécialisé dans la recherche agronomique en zone méditerranéenne sxest toujours montré disponible envers le Comité Méditerranéen pour servir de support en matière de documentation et en fournissant des données approfondies sur les différents sujets dxintérêt aux membres du Comité.
4. La paix et la stabilité autour du bassin méditerranéen
L'un des objectifs principaux du Comité méditerranéen de la FIPA qui fait par là même sa spécificité au sein de la FIPA, cxest précisément dxencourager les échanges entre organisations agricoles et de poursuivre le dialogue entre elles et ce, malgré certaines situations de conflits qui sévissent dans plusieurs pays de la région. En effet, les propositions suggérées par ce comité à savoir la réduction des disparités économiques, la résolution des problèmes hydriques, la diversification des productions pour le développement agricole de la région ne peuvent voir le jour sans le maintien de conditions de paix et de stabilité régionales et inter-régionales. Lors des différentes sessions de ce comité, les délégués se sont mis d'accord à l'unanimité en dénonçant les dégâts provoqués par la guerre et en condamnant toute forme de violence à l'égard des agriculteurs et de leurs familles.
C'est pourquoi, les représentants agricoles des pays méditerranéens ont toujours exprimé leur volonté de renforcer leur coopération pour contribuer à la paix. Le Comité nxa jamais hésité à se réunir dans des zones conflictuelles. Deux faits marquants méritent d'être soulignés et resteront gravés dans l'histoire du Comité méditerranéen:
La deuxième session, Jérusalem, Israël, 11 décembre 1994 demeure très symbolique puisqu'elle s'est déroulée au sein même du parlement israélien (CNESSET) à Jérusalem, réunissant ainsi agriculteurs israéliens et palestiniens ainsi que d'autres représentants agricoles de pays arabes, autour de la même table.
La 5ème Session , Nicosie, Chypre, 26-27 octobre 1998
Cette rencontre a été d'une importance capitale pour le maintien de la paix et la reprise du dialogue entre les organisations agricoles chypriote turque (KTCB) et chypriote grecque (EKA).
Préalablement à la tenue de cette session, le Président du Comité méditerranéen avait effectué une visite dans la zone délimitant les deux parties de lxîle et qui est sous le contrôle de l'ONU, pour réunir les représentants des deux organisations agricoles en présence dxun représentant des Nations Unies. Il est inutile de rappeler que les deux parties chypriotes grecques et turques ne sxétaient pas rencontrées depuis plus de vingt cinq ans. La cinquième session du Comité Méditerranéen sxest tenue l'année suivante à Nicosie. Elle a réuni entre autres, les deux organisations KTCB et EKA qui entretiennent depuis lors, des relations régulières.
Suite à cette rencontre, les membres du comité méditerranéens ont formulé la demande suivante aux Nations Unies afin de réaffirmer l'importance que le Comité Méditerranéen de la FIPA accorde au rôle des organisations de la société civile pour la promotion de la paix :
« Ne pas entraver la coopération entre les organisations de la société civile même en cas de tensions ou conflits politiques ».
« Les organisations de la société civile, doivent pouvoir, si elles le souhaitent, bénéficier du droit de se rencontrer, de discuter et de collaborer les unes avec les autres dans nximporte quelle circonstance et ce, même en situation de conflit, de rupture de relations diplomatiques, de non reconnaissance ou de guerre (x) ».
Cette recommandation a été reprise dans le document de base de la FIPA intitulé « Le rôle des agriculteurs » , rédigé à l'occasion du Sommet Mondial sur le Développement Durable. Ce document a été soumis aux Nations Unies et est actuellement disponible sur son site www.un.org, dans les langues officielles de l'organisation.
Lors du 50ème anniversaire de la FIPA, le Secrétaire Général de l'ONU a envoyé un message de félicitations dans lequel il exprime sa reconnaissance pour les efforts du Comité Méditerranéen pour la promotion de paix en Méditerranéen, à travers les organisations agricoles.
5. Le renforcement de la présence des organisations agricoles de la région au sein du Comité
Depuis sa création, le Comité Méditerranéen de la FIPA a déployé tous les efforts nécessaires afin de renforcer sa présence autour du bassin méditerranéen en accueillant de nouvelles organisations en son sein ou en reintégrant certaines d'entre elles, il s'agit notamment de :
- Union des Pequenos Agricultores, Espagne qui a intégré la FIPA en 2000 et qui par la suite a convoqué la sixième session du Comité méditerranéen à Séville en novembre 2000
- La Chambre Nationale d'Agriculture d'Algérie, qui sxest joint à la FIPA après sa première participation à la sixième session, 2001
- LxUnion Tunisienne de l'Agriculture et de la Pêche qui a réintégré la FIPA en 2000
- Malta Agriculture Lobby qui a intégré la FIPA en 2001 après sa participation à la conférence euro-méditerrranéenne sur l'agriculture qui sxest tenue en juin 2001 Strasbourg , France
- Jordan Farmers' Union qui vient tout juste de joindre la FIPA en 2002 après une première participation aux travaux du Comité lors de la session extraordinaire de Strasbourg, juin 2001.
Le Comité a pris contact avec de nouvelles organisations agricoles méditerranéennes pour amorcer de nouvelles collaborations avec la FIPA . Il sxagit de :
- La Fédération des Chambres de Commerce, d'Industrie et d'Agriculture du Liban (FCCIAL) qui a participé à la rencontre euro-méditerranéenne de Strabourg, en juin 2001 et qui a par la suite invité le Président du Comité Méditerranéen accompagné et le Secrétariat à une visite au Liban en février 2002. Le secrétariat travaille actuellement dans le sens du renforcement des relations entre les deux organisations pour que cette organisation adhère à la FIPA.
- La FIPA a répondu à l'invitation de l'Union Générale des Paysans Syriens en participant à sa 9ème Conférence Générale qui s'est tenue en mars 2001 à Damas.
La FIPA entretient des relations cordiales avec ce mouvement paysan syrien. Il s'agirait dans le futur de renforcer la collaboration avec cette organisation et de l'inciter à se joindre à la FIPA. La Syrie est en effet un grand pays agricole qui mériterait d'exprimer sa voix au sein du Comité Méditerranéen de la FIPA.
Pistes de travail à consolider dans le futur
Le secrétariat de la FIPA propose un plan d'action fondé sur les acquis des sessions précédentes et qui servira de bases pour l'établissement d'un nouveau plan après discussion.
1-L'ordre du jour méditerranéen au niveau international
Continuer à mettre en avant les problématiques propres à la Méditerranée lors des grandes rencontres internationales. Il s'agira pour le futur notamment de faire porter la voix des agriculteurs méditerranéens au 3ème Forum International sur l'Eau qui se tiendra à Kyoto, Tokyo, du 16-23 mars 2003.
De même, dans le cadre de ses activités liées à l'environnement et au développement durable, la FIPA fait actuellement partie d'un groupe de travail sur la désertification qui effectue un travail de sensibilisation autour de la convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification (UNCCD). Il est bien entendu que la désertification comprend aussi bien des facteurs biophysiques que des facteurs socio-économiques.
Etant donné que la zone méditerranéenne fait partie des zones les plus touchées par ce fléau, il serait important que cette problématique soit traitée de façon plus explicite au sein du Comité qui pourrait lier ses réflexions au travail de la FIPA à cet égard. Les membres du Comité Méditerranéen pourraient participer aux événements internationaux relatifs à l'UNCCD.
2- Forum de discussion autour des politiques agricoles méditerranéennes et euro-méditerranéennes
Le Comité Méditerranéen de la FIPA a pour objectif premier de redonner à l'agriculture méditerranéenne l'attention qu'elle mérite dans les accords de partenariat euro-méditerranéen notamment.
Le Comité Méditerranéen doit continuer à agir en tant que forum d'échanges sur les politiques agricoles en se mettant à jour sur les accords de partenariat euro-méditerranéen ainsi que sur les autres sujets d'actualité qui touchent la région. L'idée de la mise en place dxun cadre permanent de dialogue à l'instar de la conférence euro-méditerranéenne sur l'agriculture qui s'est déroulée au sein du Parlement européen à Strasbourg doit être poursuivie. Les relations avec les comités agricoles de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe ainsi qu'avec celle du Parlement européen doivent être consolidées.
3- Développer la coopération entre les rives Nord et Sud du bassin méditerranéen
La Coopération par le transfert de technologies est nécessaire pour réequilibrer les disparités économiques entre les deux rives de la méditerranée. Le cadre permanent de dialogue euro-méditerranéen devrait également servir pour exercer des pressions sur les instances européennes et faire en sorte que les programmes MEDA soient accessibles aux organisations agricoles et aux agriculteurs.
Les marchés et les échanges
Le secrétariat se propose de conduire une étude sur la base des déclarations de la session de Lisbonne et de celle de Séville sur le régime des échanges des produits agro-alimentaires dans la zone méditerranéenne. Cette étude aurait pour but d'une part de quantifier les types de production exportées ainsi que celles importées par les différents pays du bassin. Des données liées aux périodes d'exportation seraient également utiles afin de pallier au problème de la concurrence entre des produits similaires arrivant sur les marchés en même temps.
D'autre part, elle viserait à identifier les facteurs sources de concurrence telles que : les prix, coûts de production, qualité et typicité territoriale, subventions, conservation, transports, adaptation de la production en fonction de la demande.
Ce travail d'analyse a pour finalité de trouver des voies de complémentarités en matière d'échanges agricoles de part et d'autre de la Méditerranée.
Ce travail pourrait être réalisé en collaboration avec le CIHEAM ainsi que tout autre organisme de la recherche susceptible d'apporter des données approfondies sur le sujet.
4- Maintien de la paix et de la stabilité dans la région
Les membres du Comité Méditerranéen doivent continuer à dialoguer et à s'échanger des informations propres à leurs pays et régions respectifs et ce, en dépit des difficultés politiques qui sévissent dans certaines zones du bassin. Les agriculteurs doivent agir ensemble dans l'intérêt du maintien et la survie de la profession.
5- Gestion des ressources en eau
Développer des stratégies de gestion par la demande de la ressource en eau et l'organisation sous forme de bassins versants. Les membres du Comité méditerranéen intéressés pourraient soumettre des propositions de projets aux membres du dialogue sur l'Eau, l'Alimentation et l'Environnement dont la FIPA est membre représentant les agriculteurs et dont le chef de fil est l'IWMI (International Water Management Institute) pour bénéficier d'appuis techniques et financiers.
6- Continuer à renforcer la présence de la FIPA dans la région
Le Comité Méditerranéen de la FIPA doit continuer à faire connaître ses activités des organisations agricoles de la région qui ne sont pas ou plus membres de la FIPA afin de les inciter à le devenir.



