36ème  Congrès Mondial  des Agriculteurs de la FIPA


Rapport détaillé de la 8ème Session du Comité Méditerranéen de la FIPA

Mise en valeur des produits de l’agriculture méditerranéenne et développement des complémentarités

Washington D.C., États-Unis, 30 mai 2004

 

M. Mohamed Bouhadjar, Président du Comité méditerranéen a été excusé. ll n’a pu assuer la présidence de cette session pour des raisons indépendantes de sa volonté. M. Abdelbaki Bacha, vice-Président du Comité méditerranéen a été désigné pour présider cette session.

 
C’est la première fois depuis sa création que ce Comité, se réunit pendant une journée entière, au même titre que tous les autres comités régionaux de la FIPA.


M. Bacha a commencé par présenter M. Carlson, un agriculteur du Nord Dakota, qui a fait quelques remarques de bienvenue au nom de l’organisation hôte, la NFU. M. Carlson s’est montré très encourageant concernant les activités du Comité méditerranéen.


Le Président Bacha a enchaîné par une brève allocution rappelant les différents points de l’ordre du jour qui a été adopté à l’unanimité par l’assemblée.  


Etat d'avancemment de l'étude sur le "Développement des complémentarités des agricumltures en Méditerranée"


Après avoir rappelé l’un des principaux objectifs du plan d’action du Comité, à savoir la réalisation de l’étude sur les complémentarités des agricultures entre les deux rives de la méditerranée, Nora Ourabah, responsable du Comité méditerranéen de la FIPA a fait une mise au point sur l’état d’avancement de cette étude. Le Secrétariat de la FIPA a été mandaté pour la réalisation de cette étude, en collaboration avec un groupe de travail composé du CIHEAM (Centre International des Hautes Etudes Agronomiques méditerranéennes) et de quelques personnes ressources issues d’organisations membres du Comité. Un questionnaire a été transmis aux organisations agricoles pour les fins de cette étude.

Nora Ourabah a insisté sur le bien fondé de ce projet qui doit servir d’argumentaire auprès des instances européennes (Commission européenne, parlement européen, comité économique et social et autres).


En effet les résultats de l’étude devraient servir de base à l’ensemble des membres du Comité méditerranéen de la FIPA ainsi qu’à toute organisation ou institut désireux de prendre connaissance de la perception des agriculteurs au sujet du développement et de la valorisation des complémentarités des agricultures en Méditerranée.


Pour ce faire, il est indispensable et urgent que les membres du Comité s’impliquent davantage pour la mener à terme et ce, en répondant au questionnaire dans les plus brefs délais. Or elle a rappelé que seules 3 organisations ont tenu leur engagement en retournant le questionnaire au Secrétariat. A ce stade, la faiblesse du taux de réponse ne permet pas de procéder à une analyse fiable des données.

Elle a ensuite émis quelques propositions quant aux grands axes d’orientation de cette étude :


Présentation des grandes caractéristiques des agricultures en Méditerranée : une situation asymétrique entre les deux rives du bassin


Dichotomie des échanges : un enjeu pour la sécurité alimentaire de la région

Les accords d’association et les organisations agricoles.

Etat des lieux sur les différents accords d’association et place du volet agricole

Implication des organisations agricoles dans ces accords


Identification et analyse des facteurs sources de concurrence

 
Recherche et analyse de quelques facteurs de complémentarités  de ces agricultures : pour la valorisation des complémentarités en agriculture  tels que :  le développement de Labels de qualité pour la valorisation  des produits du terroir par le biais de programmes de mise à niveau, la recherche de créneaux spécifiques ou de nouveaux marchés en fonction de la demande notamment dans le contexte de l’élargissement de l’Union européenne, l’adaptation et ouverture du programme MEDA aux besoins des organisations agricoles etc..


La dernière présentation de Nora Ourabah a porté sur l’évolution de la collaboration avec le CIHEAM, avec lequel les contacts se sont multipliés depuis la dernière rencontre du Comité méditerranéen à Alger, en février 2003. Celui-ci se montre disposé à soutenir le Comité méditerranéen dans ses démarches y compris sur l’élaboration de l’étude sur les complémentarités ainsi que pour le montage de programmes de formation des cadres des OPA membres du Comité. Le CIHEAM peut en effet être d’une grande aide par son expertise en tant que centre de recherche et de formation sur les grandes questions méditerranéennes. Il est prêt à mettre son réseau de chercheurs à la disposition du Comité méditerranéen.

 
Une discussion a ensuite suivi cette présentation.

M. A Tlili de l’UTAP, Tunisie a insisté sur l’importance de la création d’un label méditerranéen, tel que discuté lors de la rédaction du nouveau plan d’action du Comité méditerranéen suite à la réunion d’Alger.

Une clarification a été apportée quant à la définition de la notion de label méditerranéen. En effet, le label méditerranéen doit être appréhendé au sens commercial du terme et non pas au sens juridique, qui risque de créer des complications au niveau de la juridiction internationale.


M. Staffan Nilsson, vice président de LRF, Suède et membre du Conseil Economique et Social européen (CESE) est intervenu sur les liens FIPA/ MEDA. Il a évoqué la possibilité d’introduire les demandes du Comité méditerranéen à cet égard en profitant d’une prochaine réunion entre le CESE et le MEDA. Cette proposition a été favorablement reçue par l’assemblée.


M. Bacha a ensuite enchaîné en rappelant les grands axes de l’idée de complémentarité des agricultures, qui elle même a émergé du constat de concurrence apparente entre les deux rives du bassin. Il a tenu à préciser que les mentalités tendaient vers un changement positif qui se traduit par une meilleure acceptation des agriculteurs du pourtour méditerranéen de cette possibilité d’échanges. L’ensemble des agriculteurs méditerranéens souhaite travailler dans un esprit de collaboration pour surmonter les différends qui portent finalement préjudice à tous. Quelques axes de collaboration méritent d’être étudiés parmi lesquels:


- la question des calendriers de production : Comment parvenir à trouver des débouchés pour l’ensemble des productions qui sont souvent similaires mais qui n’arrivent pas toujours à maturation exactement aux mêmes moments ?

- La qualité gustative des produits méditerranéens et plus particulièrement, la spécificité des produits du sud du bassin ne sont pas suffisamment mises en valeur.


- La question des normes se pose pour les productions du sud qui sont souvent des barrières à l’accès au marché des produits du sud du bassin sur les marchés de l’UE . La question de la recherche de productions de niches doit aussi être davantage exploitée.


- La mise à niveau des agricultures et le besoin de formation tant au sien des organisations agricoles qu’au sein des communautés agricoles dans les pays tiers méditerranéens s’avère urgente.


C’est en apportant des solutions durables à ces problématiques que le processus de Barcelone aboutira à une Zone de libre échange prospère, à l’horizon 2010.


Ensuite, pour revenir à la question du MEDA, une question importance s’est posée. Quels types de programmes doit-on ou peut-on présenter aux responsables du programme ?


M. Nilsson a ajouté que seuls les agriculteurs eux-mêmes peuvent apporter des solutions viables à ces problématiques qui les touchent au quotidien. Pour cela, le dialogue est nécessaire. Il reconnaît également la marginalisation des programmes agricoles dans le programme MEDA. Il a ensuite donné l’exemple du CESE, forum de la société civile, qui est dans l’obligation de réunir différents partenaires socio-économiques pour discuter de sujets variés. Le CESE doit également trouver les voies afin d’intégrer, de la façon la plus équitable, les points de vue des différentes composantes de la société civiles.

De plus, l’UE possède des représentations dans les PTM (Pays Tiers méditerranéens)

Les agriculteurs, à travers leurs organisations, sont encouragés à exercer des pressions auprès de ces représentations afin de défendre leurs points de vue.


Les Institutions de l'UE et le Comité Méditerranéen


Contribution du Comité méditerranéen aux travaux du Comité de suivi euro-méditerranéen du Comité Economique et Social européen


M Nilsson a rappelé que « l’agriculture et la sécurité alimentaire dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen » a été identifiée par le Comité euro-med du CESE, lors de son dernier sommet euro-méditerranéen qui s’est tenu à Malte, comme thème de travail pendant une période d’un an.

Depuis l’officialisation de cette décision lors du premier trimestre 2004, ce Comité a sollicité l’expertise de la FIPA en proposant de nommer Nora Ourabah comme experte au nom du groupe des agriculteurs. Sa principale mission est de travailler en étroite collaboration avec M. Staffan Nilsson, nommé rapporteur du groupe ainsi que son expert M. Axelsson, et de faire en sorte que le document reflète les points de vue des agriculteurs du Comité méiterranéen. Ceci représente une bonne opportunité pour le Comité méditerranéen de renforcer la collaboration avec le CESE et par la même, de faire pression auprès des instances européennes, sur un sujet aussi crucial que la sécurité alimentaire.

M. Nilsson a commencé par définir ce qu’est la sécurité alimentaire en distinguant bien les notions de sécurité sanitaire, sécurité et qualité des aliments et souveraineté alimentaire.


La question commerciale est largement abordée dans le document. Cependant, elle est appréhendée dans une perspective de complémentarité des échanges et non dans le sens du développement de commerce de produits qui entravent les échanges.

M. Nilsson pense au contraire qu’il est important de renforcer les capacités des organisations agricoles afin d’augmenter les possibilités de libéralisation des échanges, et ce dans le cadre de l’OMC. Il a également mentionné l’importance des organisations de consommateurs pour la défense de leurs droits à l’information sur l’alimentation.


M. Nilsson a également annoncé la tenue de la prochaine réunion du groupe de travail sur le thème de la « sécurité alimentaire dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen » le 13 juillet prochain en Turquie. Le but de cette rencontre est de profiter de cette plate-forme d’échanges pour discuter de la nouvelle version de ce document tout en comptant sur une participation plus forte des organisations turques de la société civile.


Enfin, M. Nilsson a appelé les participants à réfléchir sur les moyens à mettre en œuvre afin de parvenir à une libéralisation des marchés tout en respectant des normes de qualité qui répondent aux attentes des consommateurs.


M. Bacha a ouvert la discussion sur la présentation de M. Nilsson.

Le représentant de Chypre a soulevé le problème des normes en matière de sécurité sanitaire et de la Zone de Libre Echange (ZLE) euro-méditerranéen prévue pour 2010. Comment les PTM et leurs Organisations Agricoles peuvent-ils se mettre à niveau afin de mieux se préparer à l’avènement de la ZLE ? Quel peut-être le rôle de la FIPA à ce niveau?


Mme Ait Ali de la CNA (Algérie) est partie du constat de la situation de concurrence entre les productions des deux rives de la Méditerranée et du contexte de l’élargissement qui va poser le problème de l’innocuité des aliments et des exigences de production. Elle a insisté sur la nécessité, pour tous, de bâtir un projet global, commun à tous. Or l’établissement de la ZLE euro-med est lui-même un projet commun à envisager dans sa globalité. La situation devient alarmante : l’écart entre les deux rives ne cesse de se creuser. Si l’on ne réagit pas de façon urgente, les avantages comparatifs des pays du sud risquent de s’éroder.

Parallèlement, il y a urgence de mener à terme l’étude sur les complémentarités agricoles engagée par le Secrétariat de la FIPA en collaboration avec le CIHEAM. Les questions de formation, qualité des aliments et de l’accès et de la gestion de l’eau nécessitent une mise à niveau dans les PTM. La libéralisation des échanges doit être progressive.

Ce projet d’accompagnement à la construction d’une ZLE peut s’inscrire dans le cadre d’un programme MEDA si l’étude est bien argumentée.


Aussi, une ZLE Euro-méditerranéenne prospère suppose le développement de la coopération régionale sud-sud afin d’ouvrir d’autres marchés hormis le marché communautaire aux produits des PTM.

De même, les produits méditerranéens doivent trouver des débouchés hors zone euro-med. Pour cela, il y a urgence de faire la promotion de ces productions en créant un label méditerranéen. 


En bref, le Comité méditerranéen a besoin de structures permanentes pour suivre ce projet d’ensemble.


M. Tlili de l’UTAP (Tunisie) a régi sur la question du MEDA, outil technique et financier important, visant à aider à la transition des PTM à l’ouverture économique. Il est clair que le volet agricole est le parent pauvre de cet outil. En effet, le programme MEDA 2 : 2000-2006. a consacré un seul projet à l’agriculture. En effet, celle-ci ne figure plus dans les activités finançables par l’UE. Il y a un besoin urgent de mettre en place des programmes de façon à permettre l’accès aux organisations professionnelles.

Il a également soulevé la question de l’innocuité des aliments et sécurité alimentaire qui sont de la plus haute importance pour les pays du sud (Cf. ESB, fièvre aphteuse..). Cette question n’est pas exclusive au nord de la Méditerranée.

Les produits agricoles du sud de la Méditerranée se distinguent souvent par leur caractère biologique. Les pays de la rive sud ont besoin de programmes de mise à niveau afin de se conformer aux règles de l’OMC.

Le problème de complémentarité a pour but une bonne redistribution des richesses et une augmentation de la valeur ajoutée des produits agricoles méditerranéens. D’où l’importance du programme MEDA et des partenariats entre les deux rives de la Méditerranée, pour augmenter les richesses. Il y a un travail important à réaliser afin de rééquilibrer les deux rives du bassin et pour que ce déséquilibre ne soit pas une fatalité.


M. F Sera Caracciolo a félicité le CES pour son excellent travail et a invité l’ensemble du Comité à s’engager davantage dans le sens de la valorisation des productions méditerranéennes. Il constate que les produits méditerranéens sont faibles à tous les niveaux :

-Au niveau du budget de la PAC, ce n’est pas un mythe que de dire que ces produits bénéficient d’un soutien inférieur aux autres productions européennes et ce, tant en volume 27% de la production, qu’en valeur, 15% du budget européen.

Cette situation rend d’autant plus difficile l’accès des produits du sud du bassin vers l’UE puisque le marché européen dans son ensemble (pays méditerranéens inclus) n’est pas uniforme.

Le problème principal qui se pose au niveau de la programmation MEDA concerne la taille des projets qui s’élèvent au minimum à 10 millions d’Euro. Pour que les agriculteurs puissent profiter d’un projet de formation, il faudrait élaborer un projet de cette envergure.

M. Sera Carracciolo a également évoqué la question de la qualité, de la certification d’origine et de la transparence, nécessaires à la mise en valeur d’avantages communs de part et d’autre de la Méditerranée. M. Nilsson a d’ailleurs renchérit sur l’importance de la valeur ajoutée des produits méditerranéens. Il a ajouté le fait que la Tunisie bénéficiait de son propre système de certification, ce qui n’est pas le cas pour tous les PTM.


Le représentant de Chypre a insisté sur l’importance de la mise en place d’une banque de données complète et actualisée.


M. Bacha a mis un terme à la discussion en reprenant les différents axes développés :


Importance de la promotion des produits méditerranéens de façon commune entre les deux rives du bassin. La mise en commun des efforts est importante pour créer de nouvelles destinations aux produits méditerranéens

Mise en place d’un système de suivi des orientations du Comité

Concernant le programme MEDA, un effort à deux niveaux est nécessaire :


Meilleure sensibilisation de l’UE pour la prise en compte de l’agriculture et corriger les distorsions.


Du côté de la FIPA, présenter des projets bien ficelés


Normalisation-Certification et traçabilité, nécessitent de vastes programmes de mise à niveau tel que présenté par l’UE.

Besoin d’assister les organisations professionnelles à la formulation des demandes de financement de projets de façon adaptée aux exigences des bailleurs de fonds, principalement de la Commission européenne

Besoin d’intégration aval et amont des questions agricoles pour présenter des projets au MEDA.

Suivi de la conférence Euro-méditerranéenne de Strasbourg, juin 2001 et prochaine réunion

L’échéance 2010 étant très proche, les participants jugent nécessaire d’organiser une deuxième réunion euro-méditerranéen ne sur l’agriculture, suite à celle de Strasbourg en juin 2001. Celle-ci doit cependant se pencher sur la recherche de solutions concrètes.

Du côté du Secrétariat, il y a lieu de procéder à nouveau à une prise de contact avec les personnes ressources de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe d’une part, et du Parlement européen d’autre part.


Les participants ont tenu à distinguer la tenue de la deuxième conférence euro-méditerranéenne de celle de la prochaine session du Comité méditerranéen, qui auront lieu à des dates et lieux à déterminer ultérieurement. La prochaine session du Comité méditerranéen devrait se tenir durant la première partie de l’année 2005.

Comment valoriser les complémentarités/synergies entre agriculteurs et scientifiques ?


Présenté par M. Harma Arba Diallo, Secrétaire Exécutif de l’UNCCD


M. Harba Diallo a été excusé. La présentation prévue sur l’UNCCD a eu lieu lors de la session plénière sur le thème de « environnement et ressources naturelles », le mercredi 2 juin.

Présenté par M. Ibrahim HAMDAN: Secrétaire Exécutif de l’ « Association of Agricultural Research Institution in the Near East and North Africa (AARANINA) »

La présentation s’est fait en deux parties : la première a été réalisée par M. Ola Smith, Secrétaire Exécutif du GFAR qui a commencé par introduire les grandes lignes de son organisation. Il a insisté sur l’importance des liens avec les agriculteurs de la FIPA.


M. Ibrahim Hamdan, Secrétaire Exécutif de AARINENA (organisation membre du réseau GFAR) a présenté une réflexion sur les liens entre la communauté agricole et celle de la recherche au sud de la Méditerranée.

Il a commencé par énoncer l’objectif principal de AARANENA qui est de contribuer au développement agricole et rural de la région en renforçant le développement de la recherche agricole et technologique. Pour ce faire, il faut renforcer la collaboration interne et externe à la région pour parvenir à un plus grand niveau d’autosuffisance alimentaire et au bien être de la population et ce, tout en améliorant la capacité productive des ressources naturelles de base.

Sa présentation a ensuite porté sur la situation du secteur agricole du sud du bassin, mettant en lumières ses forces et faiblesses. M. Hamdan a ensuite constaté la faiblesse des liens entre les deux communautés agricoles et de la recherche qui créent des obstacles majeurs. Les causes de ces facteurs limitants trouvent à la fois leurs sources du côté des agriculteurs eux-mêmes (analphabétisme, manque d’organisation, de moyens…) et du côté de la recherche (manque de participation des agriculteurs dans les décisions,..). Quelques recommandations ont été ensuite avancées telles que la nécessité d’une plus grande implication des agriculteurs et de la résolution de leurs problèmes par une plus grande écoute de leurs besoins.

 
AARINENA reconnaît l’importance des réseaux régionaux comme facteurs clé dans le renforcement des liens entre agriculteurs eux-mêmes aux niveaux national et régional.

AARANENA, en tant que forum régional est prêt à soutenir le développement de la recherche agricole en Méditerranée (au niveau national et régional) et ce, à travers ses liens avec des bailleurs de fonds tels que le GFAR. AARINENA vise à encourager la création d’organisations agricoles et coopératives, mais aussi à inclure les agriculteurs dans les points focaux de AARINENA. Des liens directs avec des représentants d’agriculteurs sont nécessaires afin d’identifier leurs besoins et faire participer les agriculteurs à des projets de recherches financés.  Des programmes de formation sur les besoins des marchés à l’exportation sont également importants pour une mise à niveau concernant les normes de qualité et sanitaires.

 
Lors de la discussion qui a suivi cette intervention, M. Nilsson (Suède) a insisté sur la nécessité pour le GFAR d’impliquer les organisations agricoles dans ses activités.

M. Tilili (Tunisie) a renchérit sur le besoin de mettre en place des mesures d’encadrement au profit des organisations agricoles existantes afin d’identifier les besoins des agriculteurs directement avec eux-mêmes, or souvent les contacts se font au niveau des gouvernements.

M. Bacha (Tunisie) a ensuite évoqué l’expérience de l’UTAP pour ce qui est des liens entre la recherche fondamentale et la vulgarisation agricole par la création d’instituts techniques 

Certains leaders agricoles sont impliqués dans des travaux de recherche avec ces instituts.

De même, l’UTAP a mis en place, en son sein, un service pour assurer l’interface entre agriculteurs et chercheurs afin de vulgariser les acquis de celle-ci.

Malgré cela, de façon générale, les instituts de recherche n’ont pas suffisamment de liens avec l’UTAP.  D’après lui, la recherche devrait davantage orienter ses travaux vers des systèmes de production (cf. assolements, rotations des cultures en zones fragiles…). De plus, il constate que la recherche sur les aspects socio-économiques est moins poussée que la recherche scientifique pure. Il y a une claire défaillance du côté du développement. De ce fait, l’UTAP appelle clairement au rapprochement avec les agriculteurs.


M. Tlili (Tunisie) a ensuite interrogé M. Smith (GFAR) pour savoir si les thèmes de recherche traités concernent davantage l’agronomie ou bien s’il touchent aussi les aspects de la valorisation de la production agricole dans les circuits de distribution.

La réponse de M. Smith a été très claire : les systèmes de recherche vont de la production à la distribution. De plus, les agriculteurs doivent être les instigateurs des thèmes de recherche à traiter. Pour ce faire, le renforcement des capacités des organisations agricoles est crucial.

Pour y parvenir, la recherche doit s’attacher à faire l’état des lieux des forces et faiblesses de ces organisations. M. Bacha (Tunisie) a mis le doigt sur un problème de taille : les agriculteurs ne sont pas toujours en mesure de traduire leurs problèmes. Ce qui nécessite une formation donc il faut créer des interfaces.

En la discussion s’est clôturée par une question liée à la façon d’approcher le GFAR. La FIPA et son Secrétariat se chargeront de faire le lien entre les organisations membres du Comité méditerranéen et le GFAR y compris avec ses points focaux.


L’ordre du jour de la réunion s’est poursuivi par une mise au point sur les contacts pris avec les organisations agricoles méditerranéennes non-membres en vue de leur adhésion à la FIPA.

Les contacts vont être repris avec les organisations des pays suivants : Maroc, Koweït, Yémen, Libye, Liban, Syrie, Slovénie, Albanie).

Des contacts préliminaires ont déjà été entrepris avec certaines organisations.


Julie Emond, Coordonnatrice de la Communication de la FIPA a fait une courte présentation sur l’utilisation des outils de communication de la FIPA au niveau du Comité méditerranéen. Le Secrétariat de la FIPA se tient à la disposition du Comité méditerranéen. Par ailleurs, les organisations membres sont appelées à fournir toute information utile pour diffusion à l’ensemble des membres de la FIPA.


Nora Ourabah a présenté les conclusions de la réunion qui ont été adoptées par l’assemblée après de légères modifications.