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Une recherche agricole axée sur les agriculteurs :
une percée s’amorce
Jack Wilkinson, président de la FIPA
CONFÉRENCE TRIENNALE 2006 DU GFAR
New Delhi, Inde, 9-11 novembre 2006
Depuis des années, la FIPA insiste pour que la recherche agricole soit axée sur les agriculteurs. La recherche doit résoudre les problèmes de production et de commercialisation auxquels se heurtent les agriculteurs. La 3e Conférence triennale du Forum mondial de la recherche agricole (GFAR), qui s’est déroulée à New Delhi (Inde) du 9 au 11 novembre 2006, fut pour les agriculteurs l’occasion de militer en faveur de cette réorientation, ce qu’ils ont fait avec grand succès.
Dans nombre de pays développés, la recherche agricole est depuis des années axée sur les besoins des agriculteurs, parce que ces derniers ont participé aux travaux de recherche agricole grâce à un système de prélèvements (sur les produits de base) qui leur permet d’influer sur l’orientation de ces travaux. Dans certains pays d’Amérique latine, les organisations agricoles sont représentées au conseil d’administration de leurs instituts de recherche nationaux et, grâce aux prélèvements destinés aux producteurs et aux ressources publiques qu’elles reçoivent, elles ont pu créer des instituts de recherche qui font l’admiration du monde entier. Cette situation ne prévaut pas partout, en particulier dans le cas des petits producteurs qui n’ont pas encore d’organisations agricoles fortes pour les représenter – pas encore.
C’est pourquoi la FIPA est intervenue il y a quelques années et a insisté pour que le GFAR change sa façon de procéder; la même demande a été faite aux instituts régionaux et nationaux. Les dernières années ont été marquées par un remarquable succès, les instituts de recherche ouvrant l’un après l’autre leurs structures aux agriculteurs. Mais est‑ce que cela débouche sur un véritable changement? Certes non. Le changement se mesure à l’aune des améliorations apportées aux types de projets auxquels on accorde priorité, de l’intervention des groupes de producteurs dans la définition de la conception de ces projets, de la façon ces derniers sont administrés et, enfin, de l’exécution du plan qui permettra d’offrir la technologie aux producteurs.
Revenons maintenant au congrès du GFAR. Le nouveau président a insisté sur la nécessité du changement; une grande délégation de producteurs, petits et grands, du monde entier ont réclamé un changement, tout comme d’ailleurs le milieu de la recherche et les groupes de donateurs. Bon nombre des conférenciers s’expriment comme des dirigeants agricoles et posent la question suivante : « Quel rôle laissons-nous les agriculteurs jouer sur le marché pour qu’ils puissent réagir à la concentration industrielle qui s’est installée? » Comment organisons‑nous les producteurs pour leur permettre de répondre aux exigences de sécurité sanitaire et de traçabilité des aliments et, ainsi, de vendre leurs produits sur le marché du détail d’aujourd’hui; quant aux petits producteurs, comment prêtons‑nous une attention particulière à leurs besoins? » Cette reconnaissance généralisée, à New Delhi, de la nécessité d’axer la recherche agricole sur les agriculteurs doit désormais se traduire par des gestes concrets sur le terrain.
Il a été question du vaste dossier de la bioénergie et de la façon de nous assurer que les agriculteurs bénéficient de certains avantages et, pour les petits producteurs des régions éloignées, que la recherche permette de leur offrir des technologies qui soient adaptées aux petites exploitations. Voici l’occasion d’assurer aux collectivités rurales non seulement une production vivrière durable mais, pour la première fois de toute leur existence, une énergie durable. Une énergie qui leur permettre d’aller de l’avant dans le domaine du développement personnel et rural aux fins de créer les emplois dont le besoin est si criant.
Il n’est pas question de faire marche arrière. Ce mouvement est irréversible. Il revient au milieu des agriculteurs de mieux s’organiser et de tirer parti de cette occasion.




