Pour un système agricole et alimentaire durable

Comité pour l'agriculture de l'OCDE

Consultation avec les organisations représentatives de la société civile

Paris, 26 avril 2004

Par M. Noël Devisch, Fédération Internationale des Producteurs Agricoles (FIPA)



Monsieur le Président,

La Fédération Internationale des Producteurs Agricoles (FIPA) apprécie cette occasion de dialoguer avec le Comité pour l’Agriculture de l’OCDE et les Organisations représentatives de la Société Civile sur la manière de mettre en place un système agricole et alimentaire durable.

Pour les 500 millions d’agriculteurs des 71 pays représentés à la FIPA, le facteur fondamental pour mettre en place un système agricole et alimentaire durable est la viabilité économique. Seule une agriculture économiquement viable peut atteindre les objectifs de la durabilité environnementale et sociale.

En ce qui concerne l’environnement, les agriculteurs doivent suivre des pratiques agricoles judicieuses d’un point de vue écologique afin de ne pas porter préjudice aux possibilités des futurs agriculteurs. Cependant, lorsque des demandes supplémentaires sont faites aux agriculteurs allant au-delà des bonnes pratiques agricoles de base, alors les frais supplémentaires doivent être compensés. Par exemple, les efforts fournis par les agriculteurs pour produire des écoproduits, tels que les aliments organiques ou les produits d’élevage respectueux des animaux, doivent être rémunérés sur le prix du marché. Les efforts fournis par les agriculteurs pour produire des services environnementaux, par exemple la gestion de la nature, doivent être rémunérés par les gouvernements comme biens collectifs.

En ce qui concerne la durabilité sociale, les agriculteurs estiment que la réussite de tout système agricole et alimentaire durable devrait également être pris en considération dans le contexte du renforcement des communautés rurales. Des opportunités commerciales devraient être données aux zones rurales de manière à maintenir un équilibre entre le développement rural et urbain.

Monsieur le Président, les agriculteurs de la FIPA sont heureux que l’OCDE ait cette discussion, car il est très important pour nous que les gouvernements soient clairs sur ce qu’ils attendent de leur agriculture nationale, et ce que les agriculteurs peuvent attendre en retour.


Alors que les agriculteurs, en tant que citoyens, sont de toute évidence très préoccupés par les questions environnementales, sociales et éthiques en agriculture, en tant que producteurs agricoles, ils ne peuvent supporter seuls le coût des choix faits par la société. Par exemple, les gouvernements ne peuvent dire qu’ils veulent préserver l’agriculture à petite échelle, les haies pour l’habitat des espèces menacées, un paysage attrayant, des communautés rurales vivantes, etc. sans fournir le cadre politique et les fonds nécessaires pour les financer. Les tendances du marché libéralisé donneront exactement le résultat inverse – des fermes plus importantes et plus intensives, employant moins de personnel. Il s’agit donc d’une question d’ordre public.

En conclusion, les agriculteurs espèrent beaucoup que les gouvernements et leurs partenaires de la société civile pourront convenir que :


1. pour être durable, l’agriculture doit être économiquement viable, et

2. lorsque les agriculteurs font l’objet de demandes supplémentaires, allant au-delà des bonnes pratiques agricoles de base, ces frais supplémentaires doivent alors être compensés de manière appropriée.


Merci de votre attention.