Consultation officieuse de la FIPA auprès de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE)
Siège de l’OIE, Paris, le 18 mars 2008

La FIPA a tenu pour la première fois une consultation officieuse de l’Organisation mondiale de la santé (OIE) à Paris le mardi 18 mars 2008. Les dirigeants agricoles se sont penchés sur un vaste éventail de dossiers relatifs à la santé animale en compagnie du directeur général et de la haute direction de l’OIE; il s’agissait entre autres de directives concernant les systèmes de production, de la sécurité sanitaire des aliments dans la production animale, de l’utilisation de produits antimicrobiens en agriculture, la notion de compartimentation ou d’intégration des agriculteurs dans les programmes de santé animale.

Le directeur général de l’OIE, le Dr Bernward Vallat a dit accueillir favorablement un rapprochement avec les agriculteurs, qui sont indispensables à la concrétisation de l’objectif de l’OIE, à savoir améliorer l’état de santé des animaux. Il importe que les agriculteurs jouent pleinement leur rôle de sentinelle de premier plan dans la lutte contre les maladies, que les gouvernements du monde entier fournissent les fonds nécessaires pour cette lutte et, enfin, que les pays industrialisés aident les pays en développement à y parvenir.

Le président de la FIPA, Jack Wilkinson, a remercié le directeur général d’avoir ouvert l’OIE à la participation des producteurs. Il a ajouté que les gouvernements devraient mieux collaborer avec les agriculteurs dans la prévention des épizooties et dans l’élaboration de normes régissant la santé animale dans le commerce international. M. Wilkinson se réjouit de la présence du Dr Vallat à titre de conférencier au Congrès mondial des agriculteurs de la FIPA à Varsovie en juin prochain.

Peter Gaemelke, IFAP Vice President from Denmark, Dr. Bernard Vallat, OIE Director General, and Jack Wilkinson, IFAP President

 

De gauche à droite: Peter Gaemelke (FIPAVice-président), Dr. Bernard Vallat (Le directeur général de l’OIE) and Jack Wilkinson (Le président de la FIPA).

Bien être des animaux

Le vice-président de la FIPA, Peter Gaemelke, a souligné qu’il incombe aux agriculteurs de prendre soin de leurs animaux, et que ceux qui appliquent de bonnes pratiques en la matière sont généralement récompensés par une bonne rentabilité. Il a réclamé un financement accru de la recherche, aux fins d’appuyer l’élaboration des normes de bien être des animaux sur la meilleure assise scientifique possible. L’OIE devrait réussir à élaborer des normes minimales en la matière à l’échelon international qui serviraient de référence aux règles du commerce international.

Sécurité sanitaire et qualité des aliments

Le président du Groupe des viandes et aliments du bétail de la FIPA, Lourie Bosman, a souligné l’importance de systèmes fiables de sécurité sanitaire des aliments dans l’ensemble de la chaîne alimentaire, de la ferme à la table. Il a ajouté que la gestion des risques devrait continuer d’être confiée aux gouvernements nationaux, et que tant les gouvernements que les éleveurs de bétail avaient besoin de l’aide au développement pour assurer la sécurité sanitaire des aliments et la confiance des consommateurs dans les produits animaux.

Utilisation de produits antimicrobiens

La délégation de la FIPA a été informée de la collaboration entre l’OMS et la FAO dans le dossier de la résistance aux antimicrobiens, y compris l’élaboration de listes critiques des médicaments vétérinaires et destinés à l’usage humain, ainsi que les pourparlers en vue d’éliminer les chevauchements. Klaas Johan Osinga, porte-parole de la FIPA, a déclaré qu’il fallait inciter les sociétés pharmaceutiques à fabriquer de nouveaux produits, puisque ceux qui existent ont presque vingt ans. Il a également réclamé une évaluation des impacts avant que tout ingrédient ne soit rayé de la liste.

Traçabilité

Le président de la FIPA, Jack Wilkinson, a déclaré que, pour gagner la confiance des consommateurs, la capacité de retracer les aliments dans l’ensemble du système s’impose. Toutefois, il a attiré l’attention sur l’élément de coût et sur le manque de ressources pour les pays en développement qui veulent maintenir des systèmes de traçabilité fiables. M. Wilkinson a réclamé des discussions avec l’OIE sur des questions de confiance, de coût, de compatibilité et de degrés de tolérance.

Compartimentation

L’OIE a expliqué à la FIPA la notion de compartimentation. Étant donné qu’une « zone » est un secteur géographique, un « compartiment » pourrait être aussi petit qu’une unité d’exploitation, dotée d’un système strict de gestion de la biosécurité. Les délégués ont reconnu qu’il serait beaucoup plus facile d’instaurer la compartimentation dans une société intégrée verticalement que dans les petites exploitations familiales. La FIPA, qui s’inquiète de la confiance des consommateurs dans ce système, a besoin d’être plus fermement convaincue des avantages ainsi offerts.

Intégrer les agriculteurs dans les programmes de santé animale

Le vice-président de la FIPA, M. Raul Montemayor, a déclaré que les petits agriculteurs des pays en développement étaient souvent pauvres et dispersés, et qu’ils travaillaient dans des conditions difficiles, ce qui les rendait incapables d’adopter les nouvelles technologies. En outre, ils évoluent dans de piètres systèmes de transfert technologique et de quarantaine régis par l’État. Il a réclamé le renforcement des capacités, surtout en matière de transfert technologique pour les petits exploitants, et a ajouté que les organisations agricoles pourraient les aider en leur offrant des programmes là où les gouvernements se sont retirés.

Catherine McLaughlin du NFU britannique a fait état du succès de la stratégie de bien être et de santé des animaux implantée au Royaume-Uni en 2004. Cette stratégie consistait dans la planification de la salubrité à la ferme, effort déployé conjointement par les agriculteurs et les vétérinaires pour améliorer le rendement et la productivité de leur élevage. Elle a cité plusieurs exemples de succès de ce programme sur divers plans : amélioration de la fertilité, amélioration de la nutrition et réduction des maladies infectieuses.

Normes privées

Les porte-parole de l’OIE et de la FIPA étaient unanimes à dire que les organisations intergouvernementales telles que l’OIE, le Codex Alimentarius, la FAO et l’OMS devraient élaborer des normes sanitaires internationales. L’adoption de ces normes s’appuie sur une assise scientifique et sur des règles démocratiques. L’OIE et la FIPA s’inquiètent de l’émergence de normes privées établies par les chaînes de vente au détail sans la moindre négociation, et qui ne reposent que sur des intérêts commerciaux. Selon ces deux organismes, les supermarchés doivent respecter les normes de l’OIE en matière de santé animale et, faute de normes de ce type, procéder à une évaluation scientifique des risques. Certes, plus l’OIE est en mesure d’élaborer des normes, moins il y aura d’incitation à recourir à des normes privées.

La FIPA assurera de façon structurée le suivi de cette première consultation officieuse très intéressante avec l’OIE.

Participants in the IFAP Consultation with the World Organization for Animal Health (OIE)

 

De gauche à droite: Roque Almeida  (Uruguay), Brigitte Wenzel (Germany), Sten-Olof Dimander (Sweden), Raul Montemayor (Philippines), Fabienne Derrien (IFAP Senior Policy Officer), VuokkoPuurula (Finland),  Kamil Aktolgali (Cyrpus), Per Olsen (Denmark), Jack Wilkinson (Canada), Lourie Bosman (South Africa), Klaas Johan Osinga (Netherlands) and Catheriine McLaughlin (UK)

Sans image: Jesus De Juan (Spain), Peter Gaemelke (Denmark) and David King (IFAP General Secretary).