
Sommet de la Terre sur le Développement Durable
Groupe : AgriculteursJohannesburg, 4 septembre 2002
Déclaration de Jack Wilkinson, Président de la FIPA
Monsieur le Président,
Dans ces observations finales de la séance plénière, j’aimerais remercier les Nations Unies d’avoir inclus les grands groupes comme partenaires dans le travail préparatoire pour ce Sommet, ainsi que dans le programme suivi ici à Johannesburg. Nous apprécions le fait que des représentants des grands groupes aient été inclus dans les groupes de discussion la semaine dernière, ainsi que dans les Tables rondes des chefs d’Etat cette semaine. La procédure de participation n’est pas encore parfaite, mais elle a été nettement améliorée depuis le Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992. Notre délégation encourage les Nations Unies à continuer à renforcer cette coopération multipartite.
Nous aimerions aussi féliciter nos hôtes sud-africains pour l’accueil si chaleureux qu’ils nous ont réservé et l’excellente organisation de cette réunion.
Si nous considérons les documents d’information préparés sur les cinq thèmes WEHAB, ainsi que l’apport des grands groupes, comme faisant partie des résultats de ce Sommet, alors ce dernier a permis de faire de grands progrès dans l’accomplissement de ses objectifs.
Nous sommes heureux que le Plan d’action comprenne l’agriculture, bien qu’il n’accorde pas la place clé à l’agriculture durable et au développement rural qu’il devrait avoir pour atteindre les buts du Millénaire. Nous espérons que le projet de Déclaration politique sera amendé pour inclure l’agriculture, afin que les agriculteurs soient motivés à fournir encore de plus grands efforts. Cependant, ce qui stupéfie le Groupe des agriculteurs, c’est, en premier lieu, que l’agriculture ait pu être oubliée dans le projet de Déclaration.
Nous estimons que l’agriculture est indispensable pour remplir les objectifs du Millénaire. Par conséquent, elle devrait avoir une place clé dans le suivi de ce Sommet, ainsi que dans les stratégies de développement nationales.
Lorsque vous, les dirigeants du monde, rentrerez chez vous, nous vous prions de continuer à prêter attention aux questions et aux défis clés exposés dans le document sur l’agriculture préparé pour ce Sommet. L’agriculture joue un rôle fondamental dans le développement durable et dans l’éradication de la faim et de la pauvreté. L’augmentation des disponibilités alimentaires a considérablement réduit la sous-alimentation des enfants et contribué à des améliorations importantes au niveau de leur survie. Approximativement 70% des gens pauvres et soufrant de la faim dans les pays en développement vivent dans les zones rurales et dépendent directement ou indirectement de l’agriculture comme moyens d’existence. La pauvreté et la faim extrêmes poussent les gens sur des terres marginales et des écosystèmes plus fragiles.
En tant que Président de la Fédération Internationale des Producteurs Agricoles, qui représente plus de 100 organisations nationales d’exploitations agricoles familiales à travers le monde, j’engage notre organisation à fournir davantage d’efforts pour relever ces défis.
- Nous consoliderons notre travail de renforcement des capacités avec les organisations agricoles dans les pays industrialisés en contribuant à consolider les organisations de leurs collègues dans les pays en développement.
- Nous nous efforcerons de participer à des programmes gouvernementaux d’agriculture durable.
J’aimerais souligner l’importance du rôle des gouvernements dans ces partenariats. Les agriculteurs de par le monde ont besoin de travailler dans un bon cadre régulatoire. Il leur faut des gouvernements qui s’engagent de nouveau à fournir des services de vulgarisation, des systèmes d’irrigation, des opportunités commerciales et davantage de financement public pour la recherche et le développement.
Monsieur le Président, afin de répondre aux besoins d’une population grandissante, la production alimentaire devra être doublée durant les 25 prochaines années. Nous devons faire des choix cruciaux.
L’un d’eux est d’investir dans le développement agricole, en utilisant nos ressources en terre et en eau de la façon la plus durable possible en raison de l’intensification de la production.
L’alternative consiste à continuer à exercer des pressions massives sur des écosystèmes fragiles. Ce second choix va à l’encontre du message très élémentaire de ce Sommet, qui est de protéger la biodiversité, protéger les terres des indigènes, alléger le fardeau des femmes et fournir un avenir aux jeunes agriculteurs et aux communautés rurales.
Nous sommes convaincus que chaque exploitation familiale a un rôle fondamental à jour dans toute stratégie de développement durable.
Nous demandons instamment aux Nations Unies, dans les Conférences futures sur les thèmes WEHAB, ou dans leur programme de travail, de poursuivre leurs efforts visant à faire remettre l’agriculture au cœur de l’ordre du jour du développement durable. Nous invitons aussi les gouvernements nationaux à placer l’agriculture durable au centre de leurs stratégies nationales.
Les documents de référence des Nations Unies pour ce Sommet montrent que l’octroi de la priorité à l’agriculture donne des résultats.
- Au cours des trente dernières années, la croissance de la productivité agricole, résultant de recherches et de développements fructueux, ainsi que d’innovations de la part des agriculteurs, a signifié que la proportion de gens sous-alimentés est tombée de 35% à 17% et que la pauvreté a diminué. Le progrès est impressionnant.
- Le développement de variétés hautement rentables depuis la fin des années 60 aurait protégé plus de 300 millions d’hectares de forêts et d’herbages, y compris un important habitat de faune et de flore.
- Et nous savons qu’un secteur agricole vibrant contribue à promouvoir des possibilités économiques pour les femmes et à maintenir de solides communautés rurales.
Ce Sommet a lancé un processus visant à placer le monde sur un chemin durable qui conduise à un développement durable. Nous espérons qu’il marquera l’inversion du déclin de la priorité accordée à l’agriculture au cours des dernières années.
Les agriculteurs ont un rôle important à jouer pour réaliser le développement durable et sont prêts à le faire. Cependant, il est important que les gouvernements soutiennent ces efforts afin que ceux-ci et leurs familles, dans les zones rurales où la pauvreté est cruciale, aient la possibilité de partager l’extraordinaire richesse de la Planète et contribuer à sa survie.
Merci.







