
Sommet de la Terre sur le Développement Durable
Remarques
Johannesburg, 29 août 2002
par Gerard Doornbos, Président sortant de la FIPA
Le groupe des Agriculteurs se félicite que le Sommet de Johannesburg mette l’accent sur l’obtention de résultats sur le terrain. Nous savons ce qui est nécessaire pour parvenir au développement durable et j’espère que ce Sommet stimulera l’action qui aurait dû être engagée depuis longtemps déjà.
Pour les agriculteurs, la première priorité est de reconnaître que l’agriculture est la clé du développement durable pour la plupart des pays en développement. C’est la raison pour laquelle la baisse de priorité de l’agriculture dans les budgets nationaux, parmi les donateurs et dans les institutions internationales doit être inversée. Il est tout simplement impossible de promouvoir le développement durable sans engager davantage de ressources dans l’agriculture durable.
L’agriculture est la clé de la sécurité alimentaire pour une population en bonne santé. C’est la clé du maintien de la biodiversité. Elle est indispensable à l’action internationale dans des secteurs transversaux tels que le commerce et les investissements. C’est le principal utilisateur des ressources en eau fraîche de la planète. L’agriculture est aussi indispensable pour produire la bioénergie.
Suite à la dynamique créée par ce Sommet, les agriculteurs en ont profité pour renforcer des partenariats existants et chercher à en conclure de nouveaux dans divers domaines.
Un des domaines de partenariats couvre l’accès aux ressources et la gestion de celles-ci, notamment l’eau, la terre, les ressources génétiques et l’énergie.
Les agriculteurs renforcent aussi des partenariats dans le domaine de la recherche et de la technologie, notamment dans plusieurs centres du système CGIAR.
La connaissance des meilleures pratiques agricoles, ainsi qu’une technologie appropriée et financièrement abordable, sont indispensables au développement de l’agriculture. Ainsi, la FIPA est heureuse d’être un partenaire de la FAO et d’autres grands groupes dans l’initiative SARD. Notre Fédération renforcera aussi ses liens avec des institutions telles que la Commission du Codex Alimentarius, pour ce qui a trait à la sécurité sanitaire des aliments et à la qualité.
Les partenariats sont une bonne chose, mais, pour être efficaces, ils doivent être soutenus. Premièrement, ils doivent être soutenus par le renforcement des capacités. Des partenariats efficaces sont des partenariats entre égaux, cependant les agriculteurs ne sont pas sur un pied d’égalité. Le renforcement des capacités des organisations agricoles est indispensable pour leur permettre de participer d’égal à égal avec les gouvernements, le milieu des affaires, les experts et autres.
La FIPA est heureuse de consolider ses liens avec le FIDA pour renforcer les capacités dans les organisations de petits agriculteurs. Cependant, les Nations Unies dans leur ensemble devraient établir dans chaque région un fonds de renforcement des capacités pour les grands groupes, afin de permettre aux divers acteurs de participer efficacement aux partenariats.
Le second élément pour soutenir les partenariats est la bonne gouvernance. Un développement fructueux de l’agriculture requiert des procédures démocratiques et consultatives faisant participer les organisations agricoles au développement, à la mise en œuvre, à la surveillance et à l’évaluation des programmes agricoles, par exemple en assurant la représentation au sein des conseils sur l’eau, des instituts de recherche, des structures de commercialisation, etc. Le système des Nations Unies a aussi un rôle à jouer en la matière. Il devrait consolider le dialogue multipartite en établissant une structure institutionnelle pour faciliter l’établissement de partenariats.
Le troisième élément indispensable afin de promouvoir des partenariats efficaces est de fournir le bon environnement pour attirer les investissements dans l’agriculture et encourager les jeunes à choisir une carrière dans l’agriculture. Les agriculteurs doivent être en mesure de vivre de leur travail. Ils ont besoin d’accéder à des marchés qui fonctionnent adéquatement et qui ne sont pas faussés par des distorsions causées par certains types de politiques gouvernementales et certaines actions du milieu des affaires hautement concentré, situé en amont et en aval de l’agriculture.
Enfin, les agriculteurs ont besoin de paix et de stabilité. Et, dans ce domaine, les Nations Unies devraient travailler avec la société civile dans des partenariats pour la paix.
Pour conclure, je réitère la préoccupation de beaucoup de grands groupes qui craignent que les partenariats de la société civile ne soient utilisés par les gouvernements comme une excuse pour en faire encore moins pour le développement durable.
Les agriculteurs intensifieront non seulement leurs partenariats avec les gouvernements, mais aussi l’établissement de réseaux avec d’autres grands groupes, afin de promouvoir cette procédure de mise en œuvre – mais cette dernière doit être soutenue par les gouvernements à tous les niveaux.







