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75ème SESSION GENERALE DU COMITE INTERNATIONAL DE L’OIE

Paris - 20-25 mai 2007 

Intervention de David King, Secrétaire Général de la FIPA

Monsieur le Président, Monsieur le Directeur Général, Messieurs les membres et experts,

Merci d’avoir invité la Fédération Internationale des Producteurs Agricoles (FIPA) à s’exprimer à la 75ème Session Générale de l’OIE. La FIPA représente les agriculteurs au niveau mondial.

 

La question de la santé animale est une priorité du Plan Stratégique de la FIPA pour 2006-2010, car maintenir la confiance du consommateur sur les produits du bétail est essentiel. Ceci inclut : la sécurité alimentaire et la traçabilité, le bien-être des animaux et la surveillance et le contrôle des maladies animales. Ce sont les domaines d’expertise de l’OIE. Notre coopération avec votre organisation a donc pour nous une grande valeur.

 

C’est Per Olsen qui a représenté la FIPA en tant qu’observateur à la 5ème Réunion du Groupe de Travail de l’OIE sur le Bien-Être Animal à Paris en juillet 2006. Klaas Johan Osinga a représenté la FIPA à une conférence co-accueillie par l’OIE sur « la vaccination : un outil de contrôle de la grippe aviaire » en Italie en mars 2007, et j’ai eu le plaisir de m’exprimer à votre 74ème Session l’année dernière.

 

La FIPA apprécie la récente invitation que le Directeur Général de l’OIE a adressée aux groupes de l’industrie de se partager une adhésion à part entière au Groupe de Travail Permanent sur le Bien-Être Animal dès cette Session Générale. Ce siège fonctionnera par roulement annuel entre les trois organisations suivantes : la FIL, l’IMS et la FIPA. Cependant, les agriculteurs espèrent toujours obtenir leur propre place à ce groupe de travail à l’avenir. La FIL étant la première à occuper ce siège, la FIPA continuera à participer en tant qu’observateur à la réunion du Groupe à Paris en septembre 2007. La FIPA participera également à la 2ème Conférence de l’OIE sur le Bien-Être Animal qui aura lieu au Caire en octobre 2008.

 

Vous pouvez donc voir que la FIPA s’est engagée dans cette relation avec l’OIE.

 

Nous avons appris qu’en 2008 l’OIE discutera, comme « question technique », du thème « Intégrer les petits exploitants aux systèmes de bien-être animal ». Il est évident que cette question présente un intérêt pour la FIPA puisqu’elle concerne les agriculteurs. Nous demandons à ce que les agriculteurs soient représentés au comité organisateur pour développer ce thème. Les agriculteurs souligneraient la nécessité d’assurer le statut en matière de santé animale des petites fermes d’agrément et, dans les pays en voie de développement, où la plupart des agriculteurs sont de petits exploitants, nous aborderions les problèmes de tous les agriculteurs généré par le manque d’infrastructures adéquates pour la santé animale.

 

Cette année, la FIPA formule un document de politique sur le Bien-Être Animal. Un grand nombre d’organisations agricoles ont participé à l’élaboration de codes de bonne pratique et de législation en matière de bien-être animal dans leur pays, et ces expériences sont rassemblées au sein de la FIPA. Nous les partagerons bien sûr avec l’OIE.

 

Il est nécessaire que les stratégies nationales sur le bien-être animal définissent clairement les rôles et responsabilités de chacune des parties intéressées : les propriétaires et utilisateurs individuels d’animaux, les groupes de l’industrie du bétail, les groupes communautaires de bien-être animal et les gouvernements. Après adoption d’une stratégie nationale, celle-ci serait suivie d’une élaboration d’une plan national de mise en œuvre en consultation avec les principaux acteurs, notamment les agriculteurs.

 

Une communication efficace est essentielle à la réussite. Celle-ci signifie un dialogue entre les agriculteurs, les consommateurs, les groupes responsables du bien-être animal et le gouvernement. Elle signifie également une sensibilisation et une formation à travers l’ensemble de la communauté pour promouvoir une compréhension améliorée du bien-être animal.

 

Une autre des priorités de la FIPA de cette année est la finalisation d’un document de politique sur la Sécurité et la Qualité des Aliments. Le document établit en premier lieu une distinction entre les questions de sécurité alimentaire et de qualité alimentaire.  

 

La sécurité alimentaire est caractérisée par l’aptitude à la consommation des produits alimentaires et par la protection des consommateurs sur les risques sanitaires liés à l’alimentation. Au niveau du producteur primaire, ces risques sont les suivants : zoonoses et contamination microbiologique, chimique et physique. La concurrence existant sur le marché devrait reposer sur la qualité des aliments et non sur leur sécurité.

 

A l’instar de l’OIE, la FIPA promeut une approche intégrée des questions de sécurité alimentaire « de la fourche à la fourchette ». La sécurité alimentaire suscite des préoccupations à tous les niveaux : dans les exploitations, dans les abattoirs, dans les sociétés alimentaires, dans les secteurs de l’entreposage, de la distribution et du détail, et aussi dans la cuisine. Il est nécessaire de prendre des mesures à toutes ces étapes de la filière agroalimentaire. Les agriculteurs ne devraient être responsables de la sécurité et de la qualité alimentaires que dans la mesure où ils sont en mesure de les contrôler jusqu’à la sortie de la ferme.

 

La participation des producteurs est nécessaire pour satisfaire aux normes de sécurité alimentaire sur les exploitations agricoles. La FIPA encourage donc le développement de guides nationaux ou sectoriels des bonnes pratiques agricoles. Notre organisation est donc ravie de collaborer avec l’OIE sur la préparation d’une publication commune OIE/FAO sur les « Recommandations sur les Bonnes Pratiques Agricoles ». En fait, la FIPA demandera la représentation des agriculteurs du Groupe de Travail de l’OIE sur « la Sécurité Alimentaire des Aliments d’Origine Animale en Phase de Production ». De plus en plus de programmes de mise en place des normes de sécurité alimentaire au niveau des exploitations sont dirigés par des organisations agricoles. Elle devraient donc pouvoir participer à ce travail de l’OIE. Nous espérons que vous donnerez une suite favorable à cette requête.

 

La FIPA est également en train d’élaborer une programme de travail dans ce domaine avec la Division Sécurité Alimentaire de l’Organisation Mondiale de la Santé. Nous devons veiller à la complémentarité entre le travail que nous réalisons sur la sécurité alimentaire au niveau des exploitations avec l’OIE et l’OMS.

 

Pour conclure, M. le Président, je souhaite une fois encore exprimer notre reconnaissance sur l’engagement pris par l’OIE sur les consultations des parties prenantes, notamment au niveau des organisations agricoles. Cet engagement devrait également d’étendre au niveau national, et, dans un grand nombre de situations, c’est le cas. Néanmoins, la FIPA aimerait proposer que les gouvernements membres de l’OIE formalisent un processus de communication avec les organisations agricoles de leur pays sur le travail de l’OIE. Les agriculteurs jouent un rôle clef dans le contrôle et la prévention des maladies animales, et ils ont besoin d’être informés des activités de l’OIE. De quels sujets discuteriez-vous avec vos organisations agricoles ? Je vous donne trois exemples : 

  • L’adoption par l’OIE d’une nouvelle classification des risques d’ESB (négligeables, contrôlés et indéterminés)
  • L’obligation de signaler la détection de certaines maladies animales dans la nature
  • Le développement du concept de compartimentalisation est un sujet dont les agriculteurs doivent être informés.

 

Ce ne sont que des exemples. Au niveau international, la FIPA pourrait travailler avec l’OIE sur la formulation d’un petit bulletin délivrant un certain nombre de messages clefs aux agriculteurs.

 

Nous sommes conscients que, dans les pays en voie de développement, ce type de dialogue agriculteur/gouvernement sera très difficile. Les organisations agricoles et les services vétérinaires des pays en voie de développement n’ont souvent pas la capacité de satisfaire aux normes de sécurité alimentaire et de santé et bien-être des animaux. Ce point doit être traité de toute urgence.

 

M. Vallat, Directeur Général de l’OIE, l’a mentionné dans son rapport d’activités de 2006 et, une fois encore, dans un récent éditorial du bulletin de l’OIE. Il a indiqué que le Fonds Mondial de l’OIE pour la Santé et le Bien-Être des Animaux donne les moyens de répondre à ce défi en renforçant les capacités des pays en voie de développement en termes de gouvernance des systèmes de santé animale. Du point de vue des agriculteurs, ce renforcement de capacité est essentiel. Cependant, pour finir, nous aimerions que vous considériez l’inclusion des organisations agricoles dans les programmes de renforcement de capacité pour leur permettre d’être des partenaires efficaces du gouvernement dans la gestion des systèmes de santé animale.

 

Merci de votre attention.