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Convention Cadre des Nations Unies pour les Changements Climatiques

CdP 11-CdP/RDP 1

Segment de Haut Niveau,

9 décembre 2005, Montréal, Canada

 

Intervention des agriculteurs de la FIPA

Par M. Laurent Pellerin, Président Général de l’Union des Producteurs Agricoles du Québec,

1er Vice Président de la Fédération  canadienne de l`agriculture

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Chers délégués,

Mesdames Messieurs,

 

 

Je tiens tout d’abord à remercier chaleureusement l’organisation de la Convention Cadre des Nations Unies pour les Changements Climatiques d’avoir accepté la demande des agriculteurs afin de nous exprimer au sujet des changements climatiques et de l’importance de leurs enjeux pour les agriculteurs du monde. 

 

Je suis moi-même agriculteur, producteur de porc, de bœuf et de grandes cultures dans la région du centre du Québec.  Je suis ici au titre de représentant de l’organisation mondiale des agriculteurs, la Fédération Internationale des Producteurs Agricoles, qui rassemble plus de 600 millions d’exploitations agricoles familiales regroupées au sein de 110 organisations nationales dans 75 pays à  travers le monde.

 

Au-delà de constituer une menace pour l’activité agricole proprement dite ainsi que pour le revenu des agriculteurs, la question des changements climatiques doit être appréhendée de façon plus intégrée car elle constitue un enjeu  majeur pour la sécurités alimentaire.

 

Dans le monde entier, les agriculteurs subissent déjà les conséquences des changements climatiques (sécheresses, inondations...).  Certaines cultures ne pourront pas résister aux modifications liées à ces changements et les récoltes vont diminuer, menaçant ainsi l’approvisionnement des populations locales en nourriture, tant en qualité qu’en quantité.

 

Les agriculteurs n’ont pas d’autre choix que de s’adapter pour protéger leurs revenus et continuer à nourrir la planète tout en utilisant des pratiques agricoles durables et respectueuses de l’environnement.

 

En effet, nous, agriculteurs,  jouons un rôle positif dans la lutte contre les changements climatiques.  Mais  ce rôle doit être RECONNU, mis en valeur et appuyé.

 

Nous, agriculteurs, en tant que gestionnaires des ressources naturelles, sommes convaincus  de notre potentiel  pour apporter des solutions positives dans les domaines à la fois de l’adaptation aux conséquences des changements climatiques et de leur atténuation.  Nous le faisons déjà à travers l’utilisation de pratiques agricoles durables telles que l’agriculture de conservation -qui permet la séquestration du carbone dans les sols ainsi que la réduction des émissions des gaz à effet de serre- et les énergies propres et renouvelables – bio carburants, biodiesels, bio éthanol- pour ne citer que quelques exemples.

 

Malgré tous nos efforts, le potentiel d’adaptation et d’atténuation des effets des changements climatiques reste à exploiter. Pour y parvenir, nous avons besoin de bénéficier du soutien des pouvoirs publics à travers l’établissement d’une part  d’environnements favorables et d’autre part de politiques de soutien en faveur des agriculteurs. 

 

Cependant, les coûts associés aux mesures d’atténuation et d’adaptation représentent déjà un fardeau supplémentaire pour les agriculteurs. Or nous ne pouvons pas supporter ce poids seuls. C’est pourquoi toutes les parties prenantes (pouvoirs publics, communauté scientifique, secteur privé, communautés locales, les consommateurs…) doivent s’engager et jouer leur rôle aux côtés de la communauté agricole pour la recherche de solutions communes. Le changement climatique  est l’affaire de tous.

 

Les agriculteurs doivent être soutenus tant au niveau international, régional, national et local afin de faciliter leurs efforts pour limiter les effets de ce fléau.

 

Enfin, Monsieur le Président,  les agriculteurs saluent les efforts de La Convention Cadre pour les Changements Climatiques ainsi que le Protocole de Kyoto pour la mise en place de mécanismes nécessaires pour soutenir des initiatives visant à lutter contre les changements climatiques.  Cependant, l’accès aux fonds liés à ces mécanismes doivent être facilités afin d’appuyer les efforts continus des agriculteurs et de leurs organisations pour contribuer encore davantage au renversement de la tendance et à la réalisation des objectifs de Kyoto.

 

Enfin, Monsieur le Président, nous demandons la RECONNAISSANCE du  groupe agriculteurs, à travers la FIPA,  comme PARTIE PRENANTE au sein des instances de la Convention Cadre.

 

L’agriculture est l’affaire de tous.  Les agriculteurs et leurs organisations sont des acteurs clés qui doivent être associés dans tous les processus de prise de décision.

 

Merci de votre attention.