Rapport du Groupe sur Les Viandes et Aliments du Bétail
Congrès de Washington, 2004
Le groupe s’est réuni le 1er juin 2004, sous la présidence de Pierre CHEVALIER.
Au nom de la National Farmers Union (USA), Donn TESKE a adressé un message chaleureux de bienvenue à l’ensemble des participants.
Situation du marché mondial et présentation par pays
Le groupe a consacré la première partie de ses travaux à une analyse de la situation de marché dans le monde.
Philippe SENG, Président de l’Office International de la Viande, a notamment souligné l’importance de la croissance économique en Chine. Il a observé la croissance globale de la consommation de viande dans le monde depuis dix ans, et noté l’impact des crises sanitaires récentes (ESB en Amérique du Nord, grippe aviaire en Asie…).
Une présentation de la situation des marchés et de l’évolution de la politique agricole a ensuite été effectuée par :
- Guy HERMOUET (Union européenne), soulignant notamment l’impact de l’élargissement et de la réforme de la PAC pour l’Europe.
- Arthur DOUGLAS (USA), soulignant notamment l’impact de l’ESB sur la chute des exportations, et les débats en cours sur les mesures de test et d’étiquetage obligatoire.
- David FULLER (Canada), soulignant l’importance de l’emploi liée au secteur de l’élevage, et revenant également sur les efforts du Canada pour surmonter la crise ESB.
- Tom LAMBIE (Nouvelle Zélande), soulignant notamment la politique stricte de son pays sur les questions de sécurité sanitaire, et l’objectif de mettre en avant le bien-être des animaux.
- Paul REINER (Australie), soulignant notamment la mise en oeuvre d’un programme de recherche sur l’identification électronique du bétail, et l’impact particulièrement fort de la sécheresse.
- Lourie BOSMAN (Afrique du Sud), a noté également le grave impact de la sécheresse dans son pays, et une consommation de viande en recul, avec transfert de la viande rouge vers la viande blanche.
- Nduati KARIUKI (Kenya), a rappelé que l’agriculture était un élément essentiel de l’économie de son pays. L’objectif est de parvenir à l’autonomie alimentaire, en développant la production et en formant les éleveurs.
- Ricardo FERREIRA (Brésil), a souligné l’importance du secteur agroalimentaire au Brésil (43 % des exports), et le potentiel de production avec trois récoltes possibles par an. Il a rappelé la réalité de la compétitivité brésilienne sur l’élevage, qui ne néglige pas les aspects sanitaires ou environnementaux.
- Guillermo CINQUE (Argentine), a souligné le développement des mesures d’identification du bétail dans son pays. Il a souhaité de meilleurs prix pour les éleveurs argentins.
Table-ronde sur les questions de l’OMC
Pierre CHEVALIER a animé un débat entre les participants sur leur analyse et objectifs quant aux négociations de l’OMC. Parmi les différentes interventions, il faut noter :
- David FULLER (Canada), a plaidé pour un juste milieu entre politique publique et libéralisation. Pour les produits sensibles, un accès peut être ouvert avec les quotas tarifaires. Le soutien interne devrait être établi en part de la valeur de la production agricole. Il a enfin demandé l’élimination des subventions à l’export.
- Ricardo FERREIRA (Brésil), s’est déclaré partiellement en accord avec le Canada mais a toutefois souligné que les quotas tarifaires n’étaient pas suffisants pour ouvrir l’accès au marché, et pas assez transparents.
- Ben FARGER (Australie), a demandé au nom de son pays l’élimination des subventions export, l’ouverture des marchés par une baisse des droits de douane, et un soutien interne en boîte verte.
- Guy HERMOUET (France), a rappelé les positions de l’Union européenne, soulignant que la libéralisation totale des marchés se fera au détriment du revenu des producteurs. L’Europe a déjà consenti des efforts très importants avec la réforme de la PAC sur les soutiens internes et une nette réduction des restitutions. C’est l’avenir des élevages en Europe qui serait remis en cause si une régulation du marché n’est pas préservée.
- Tom LAMBIE (Nouvelle Zélande), plaide pour une orientation de la production par le marché et non par les pouvoirs publics. La croissance de l’agroalimentaire permettra à des pays en développement de se développer.
- Lourie BOSMAN (Afrique du Sud), propose l’élimination des subventions à l’exportation comme mesure prioritaire à l’OMC.
- Tom BUIS (USA) considère qu’on peut certes faciliter les échanges, mais sans faire disparaître les agriculteurs d’autres pays. Les éleveurs aux USA ont besoin des subventions du soutien interne pour survivre. Certains pays pratiquent un dumping sur les viandes qui fausse le marché.
Pierre CHEVALIER, à titre personnel, évoque la réforme de la PAC en Europe, et juge que l’Europe va devenir déficitaire et perdre son indépendance alimentaire. Il plaide pour un développement harmonieux de l’agriculture et des marchés, et juge que tous les soutiens n’amènent pas de distorsions aux échanges.
Questions sanitaires et autres sujets
Des exposés sont présentés afin d’informer les participants sur plusieurs sujets d’actualité :
- La situation de la grippe aviaire en Asie (Vietnam).
- Le développement des systèmes d’identification des bovins aux USA.
- Le programme de bien-être des animaux (Nouvelle Zélande).
- Les règles d’utilisation des antibiotiques (Canada).
Résumé des débats par le Président
Le Président, Pierre CHEVALIER, s’est félicité de la qualité des débats du groupe sur les principaux sujets intéressant l’avenir des éleveurs :
- L’évolution des marchés et des politiques agricoles dans le monde.
- Les négociations internationales.
- Les questions sanitaires.
Il note que les éleveurs ont été durement frappés par la sécheresse dans de très nombreuses régions, avec des conséquences graves sur le revenu et le cheptel.
Concernant les négociations internationales de l’OMC, les débats ont permis un échange positif sur les analyses des représentants des différents pays. L’objectif commun est d’agir pour améliorer le revenu des éleveurs partout dans le monde, et de se situer dans des conditions de production et d’échange équitables entre les éleveurs.
Le groupe a pu débattre des différents points de vue sur les questions essentielles de soutien interne et d’échanges commerciaux. La croissance de la production dans certains pays les conduit à rechercher des parts de marché supplémentaires dans le monde, alors que d’autres pays soulignent les objectifs d’équilibre de marché, d’autonomie alimentaire et de soutien de la pérennité des exploitations d’élevage. Un traitement spécifique des agricultures des pays en voie de développement doit être recherché.
Il convient d’autre part d’observer les attentes croissantes des consommateurs concernant la qualité des produits, la traçabilité et l’étiquetage, les mesures de sécurité alimentaire,… Il faut cependant se garder des excès de certains groupes de pression dont l’objectif est de déformer l’image de l’agriculture. Les éleveurs doivent faire connaître le sérieux et la responsabilité avec lesquels ils exercent leur métier.
Election du nouveau Bureau
Lourie BOSMAN (Afrique du Sud), a été élu nouveau Président du groupe.
De façon à établir une représentation équilibrée des différentes régions du monde et des positions exprimées au sein du groupe, trois vice-présidents ont été élus :
- David FULLER (Canada).
- Gilman RODRIGUES (Brésil).
- Campbell TWEED (Royaume-Uni).



